



En 2001, William Basinski a 43 ans. Il ressort du placard de vieilles bandes sur lesquelles il avait enregistré 20 ans auparavant des boucles minimalistes. Il décide de les sauver en passant le tout au format numérique. Mais pendant l'opération, les bandes se détériorent. On entend les craquements, l'effacement, le rien. Le musicien obtient alors comme un instantané de la mort au moment-même où elle survient. Même la musique n'est pas immortelle. Depuis la fenêtre de son appartement, il regarde les tours s'embraser, s'effondrer, disparaître. Ces boucles retrouvées seront la bande-son de la fin du monde. Même si elle n'a pas vraiment lieu ce jour-là, elle viendra tôt ou tard.
Il se dégage de ces quatre CD une beauté triste et fragile. Les six morceaux vont de douze minutes à plus d'une heure, et ne sont constitués chacun que d'une seule et même boucle. Basinski laisse le sombre folklore apocalyptique aux apprentis-sorciers du dark ambient bas de gamme. Sa musique est douce, elle nous berce, nous rappelle combien la vie était belle. On accepte la fin ineluctable dans un sourire emprunt de nostalgie, sereinement, les yeux pleins de larmes.une vidéo qui commence par un morceau de l'album Melancholia, mais qui propose également un extrait d'une disintegration loop à partir d'1mn20 (avec le maître himself en représentation dans une ambiance de folie).

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