dimanche 31 août 2008

TANGERINE DREAM - Rubycon (1975 - Virgin)


Deux premières minutes étranges, comme la BO d'un vieux film fantastique, puis c'est l'envol, la contemplation extatique. Des claviers ressemblent à des chants d'oiseaux imaginaires, des nappes légères nous transportent et un synthé nous guide.
Ensuite on dérape, on sombre en des terres moins accueillantes mais tout aussi fascinantes. Ambiance SF, trip spatial, voyage au coeur d'un futur incertain.
Des percussions urbaines et tribales viennent enflammer la vision. A la treizième minute tout retombe. Quelques notes d'orgue perchées entament une mélodie improbable, comme un hautbois fantomatique surgissant d'un passé lointain.
La musique s'éteint et le son demeure pour clore cette première partie hallucinée.
La deuxième commence dans une spirale de complaintes spectrales à faire froid dans le dos. Une nappe de claviers libératrice vient nous tirer de ce malaise et l'on repart avec délice sur le même rythme soutenu adopté dans la première partie, jusqu'à perdre tout repère spatial ou temporel.
Ce rythme vient mourir en bruissements de vagues synthétiques, sur une plage perdue quelque part au milieu de la Twilight Zone, et l'on baigne jusqu'à la fin dans des airs insaisissables.
Enregistré en 1975, cet essai des allemands de Tangerine Dream, groupe à la discographie imposante, n'a rien perdu de sa puissance évocatrice. En parallèle avec les travaux de Brian Eno à la même époque, il étend à l'infini le champ des possibilités offertes par la musique électronique.
Repeat.








http://www.tangerinedream.org/