
Il y a des musiques qui vous apparaissent si denses au premier abord qu'elles vous semblent complètement opaques, et alors leurs profondeurs nous échappent. Harmony In Ultraviolet, sixième ouvrage du canadien Tim Hecker, est ainsi resté longtemps calé au milieu de ma pile de CD "à écouter". Je le redoutais, l'évitais, lui donnait timidement sa chance par-ci par-là, mais je ne le comprenais pas. Il est donc resté là un bon moment, à attendre son heure, essayant de me charmer avec son titre ambitieux et son visuel intriguant. Puis, un soir qui ne devait pas être comme les autres, tout est devenu clair. Je me suis laissé emporter par ces vagues de sons et elles ont fini par me submerger complètement, m'entrainant vers le fond où m'attendaient des richesses insoupçonnées.
Tout commence en douceur, comme un rêve, par une mélodie presque insaisissable ; et tout fini de la même manière. Entre les deux, c'est un patchwork de sons, de bruits blancs, de drones, de samples, qui forment un tout très cohérent. Les morceaux s'enchainent parfaitement mais sont toutefois très différenciables, certains très courts et dépouillés, d'autres plus longs et plus fouillés. La force de Tim Hecker est qu'il réussit à rendre sa musique vivante. Les sons évoluent, se transforment en subtiles mélodies qui s'enchevêtrent et s'évaporent.
"Chimeras" est l'un des moments forts de l'album ; une boucle sombre d'un vieux clavier, à l'intensité presque tragique, tout en contraste et en harmonie avec les lointaines notes de guitares qui l'accompagnent et qui semblent se perdre dans l'infini. C'est beau. J'aimerais que ce morceau dure au moins 20mn.
Tim Hecker n'a pas pour but d'écraser son auditeur. Il souhaite simplement le faire glisser lentement dans son univers. Pour ça il trouve toujours une accroche pour ne pas nous perdre, même au coeur des morceaux les plus denses. Les dernières pièces font échos aux premiers albums de Tangerine Dream, et quand la musique s'arrête, le silence devient rapidement et étrangement insupportable. Alors on appuie vite sur lecture, et on replonge dans cette sombre béatitude.
Intense, onirique, immersif, inspiré, addictif, ni véritablement électro ou drone et encore moins post-quoi-que-ce-soit, Harmony In Ultraviolet est une véritable expérience. A écouter en boucle.
Tout commence en douceur, comme un rêve, par une mélodie presque insaisissable ; et tout fini de la même manière. Entre les deux, c'est un patchwork de sons, de bruits blancs, de drones, de samples, qui forment un tout très cohérent. Les morceaux s'enchainent parfaitement mais sont toutefois très différenciables, certains très courts et dépouillés, d'autres plus longs et plus fouillés. La force de Tim Hecker est qu'il réussit à rendre sa musique vivante. Les sons évoluent, se transforment en subtiles mélodies qui s'enchevêtrent et s'évaporent.
"Chimeras" est l'un des moments forts de l'album ; une boucle sombre d'un vieux clavier, à l'intensité presque tragique, tout en contraste et en harmonie avec les lointaines notes de guitares qui l'accompagnent et qui semblent se perdre dans l'infini. C'est beau. J'aimerais que ce morceau dure au moins 20mn.
Tim Hecker n'a pas pour but d'écraser son auditeur. Il souhaite simplement le faire glisser lentement dans son univers. Pour ça il trouve toujours une accroche pour ne pas nous perdre, même au coeur des morceaux les plus denses. Les dernières pièces font échos aux premiers albums de Tangerine Dream, et quand la musique s'arrête, le silence devient rapidement et étrangement insupportable. Alors on appuie vite sur lecture, et on replonge dans cette sombre béatitude.
Intense, onirique, immersif, inspiré, addictif, ni véritablement électro ou drone et encore moins post-quoi-que-ce-soit, Harmony In Ultraviolet est une véritable expérience. A écouter en boucle.

Ecouter "Chimeras" ici
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