
Milieu des années 90. Zev Love X, leader de KMD, perd son jeune frère DJ Subroc, lui aussi membre de KMD, dans un accident de la circulation. Dans la foulée, Elektra, label de KMD, tourne le dos au groupe et refuse de sortir son deuxième album (Black Bastards), qu'il juge trop violent . Zev Love X, abbatu par la mort de son frère et écoeuré par l'industrie du disque, dissout le groupe et disparaît complètement du circuit. Parfois certains croient l'apercevoir au coin d'une rue, au milieu d'un groupe de sans-abris, les yeux dans le vague. Mais non, on ne le reverra plus.
3 ans plus tard, un MC se faisant appeler MF Doom secoue l'underground new-yorkais armé d'un flow hors pair et de lyrics hors norme. Personne ne sait de qui il s'agit car son visage est caché par un masque en metal semblable à celui du Dr Doom de chez Marvel Comics. Mais on commence à raconter que derrière ce maque se cache en fait Daniel Dumille, aka Zev Love X, et qu'il est revenu pour se venger. Le masque, dit-il, c'est pour cacher les cicatrices...
Bon voilà pour l'histoire un peu triste de la naissance de MF Doom, certainement appelée à devenir une légende du hip hop. N'empêche que sa vengeance, il la tient. Operation Doomsday, son premier album (1999), fait aujourd'hui figure de classique, les excellents King Geedorah et Viktor Vaughn sortis en 2003 sont salués par les critiques, le Black Bastards de KMD a finalement vu le jour en 2001 chez Sub Verse Music, et en 2004 sort ce Madvillain qui le propulse définitivement hors de l'underground vers un succès bien mérité.
Si MF Doom à l'habitude de se poser sur ses propres productions, il abandonne ici les platines à Madlib. Mais les habitués des instrus organiques du Doom ne seront pas déçus. Madlib, producteur en vogue, lui bichonne 22 titres sur mesure. Les samples piochés dans le jazz, la soul et le vieux funk, confèrent à l'album la patine de ceux qui ont bien vieilli. Attention, du vieux son d'accord, mais pour un album résolument moderne.
Les morceaux sont variés mais ne partent pas dans tous les sens. Les interludes instru (nombreuses) sont réussies et accrocheuses ("Bistro", "Madvillain Theme"). Madlib réussit à être original sans donner dans l'expérimental ("Accordion"), à nous surprendre sans nous laisser sur le trottoir ("All caps"). Nos deux super-villains du hip hop se font plaisir mais ne font aucune concession. Les morceaux sont courts et on ne trouve quasiment pas de refrain. MF Doom déverse son flow nonchalent sur des textes excellents (les paroles sont dans le livret du cd), fait vibrer la membrane du microphone avec sa chaude voix noire éraillée. Madlib quant à lui ressort Quasimoto du placard et pose sa voix d'alien dégénéré sur 2 titres.
Il n'y a franchement rien à jeter sur cet album. 22 pistes pour 3/4 d'heures d'un hip hop classieux et largement au dessus du lot. MF Doom et Madlib sont impressionnants de maîtrise et placent la barre bien haut, si haut qu'il paraissent intouchables en cette année 2004. L'alchimie entre les deux hommes est parfaite, tant et si bien qu'un deuxième volet des aventures des deux super-villains est prévu pour cette année. Le titre Monkey Suite est d'ailleurs très prometteur.
http://www.stonesthrow.com/madvillain/
http://www.myspace.com/mfdoom
http://www.stonesthrow.com/madlib/
Bon voilà pour l'histoire un peu triste de la naissance de MF Doom, certainement appelée à devenir une légende du hip hop. N'empêche que sa vengeance, il la tient. Operation Doomsday, son premier album (1999), fait aujourd'hui figure de classique, les excellents King Geedorah et Viktor Vaughn sortis en 2003 sont salués par les critiques, le Black Bastards de KMD a finalement vu le jour en 2001 chez Sub Verse Music, et en 2004 sort ce Madvillain qui le propulse définitivement hors de l'underground vers un succès bien mérité.
Si MF Doom à l'habitude de se poser sur ses propres productions, il abandonne ici les platines à Madlib. Mais les habitués des instrus organiques du Doom ne seront pas déçus. Madlib, producteur en vogue, lui bichonne 22 titres sur mesure. Les samples piochés dans le jazz, la soul et le vieux funk, confèrent à l'album la patine de ceux qui ont bien vieilli. Attention, du vieux son d'accord, mais pour un album résolument moderne.
Les morceaux sont variés mais ne partent pas dans tous les sens. Les interludes instru (nombreuses) sont réussies et accrocheuses ("Bistro", "Madvillain Theme"). Madlib réussit à être original sans donner dans l'expérimental ("Accordion"), à nous surprendre sans nous laisser sur le trottoir ("All caps"). Nos deux super-villains du hip hop se font plaisir mais ne font aucune concession. Les morceaux sont courts et on ne trouve quasiment pas de refrain. MF Doom déverse son flow nonchalent sur des textes excellents (les paroles sont dans le livret du cd), fait vibrer la membrane du microphone avec sa chaude voix noire éraillée. Madlib quant à lui ressort Quasimoto du placard et pose sa voix d'alien dégénéré sur 2 titres.
Il n'y a franchement rien à jeter sur cet album. 22 pistes pour 3/4 d'heures d'un hip hop classieux et largement au dessus du lot. MF Doom et Madlib sont impressionnants de maîtrise et placent la barre bien haut, si haut qu'il paraissent intouchables en cette année 2004. L'alchimie entre les deux hommes est parfaite, tant et si bien qu'un deuxième volet des aventures des deux super-villains est prévu pour cette année. Le titre Monkey Suite est d'ailleurs très prometteur.
http://www.stonesthrow.com/madvillain/
http://www.myspace.com/mfdoom
http://www.stonesthrow.com/madlib/
Accordion
All caps
Monkey Suite (qu'on retrouvera surement sur Madvillain 2)
1 commentaire:
C'est vraiment chouette, je ne connaissais pas.
merci ;)
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