mercredi 14 mai 2008

BOHREN & DER CLUB OF GORE - Black Earth (2002 - Wonder / 2004 -Ipecac)



Quand on veut briller en soirée et que ça discute musique, ça fait toujours bien de sortir un nom de groupe dont personne n'a jamais entendu parler. Bohren Und Der Club Of Gore est le groupe idéal, mais avec un nom pareil, au mieux votre interlocuteur vous lancera un "à tes souhaits" qui fera rire les plus benêts, au pire il vous fera répéter 5 fois le nom du groupe que vous finirez par lui épelez. Donc au final, vous aurez l'air con.
Toutes considérations égotiques mise à part, il n'est pas difficile d'admettre que ce Black Earth est une perle. Noire évidemment. Mais pas autant que le laisse croire les différentes chroniques que j'ai pu lire sur le net. J'ai même vu "glauque" sur certains sites. N'exagérons rien.
Sorti en 2002 sur Wonder et réédité en 2004 par Ipecac, décidément très éclectique à l'image de son boss, Black Earth voit le jazz doomesque des allemands gagner en maturité et en finesse. Dès les premières secondes on est envouté par la beauté et la simplicité des mélodies. Les voix fantomatiques des claviers nous hypnotisent comme le chant des sirènes, et quand la basse résonne, c'est tout l'espace qui s'emplit de douces vibrations (bonnes enceintes recommandées). Les notes délicates de mellotron ajoute de la légèreté et de l'étrangeté, puis la voix cuivrée et sensuelle du sax nous plonge dans une ambiance très "film noir".
Le parallèle avec la musique composée par Angelo Badalamenti pour la plupart des films de David Lynch me paraît en effet inévitable, tant on retrouve cette même atmosphère délicieusement feutrée, chaude, moite, simple et raffinée. Cette musique, c'est du velours pour vos oreilles. L'extrême lenteur berce mais n'ennuie jamais, la simplicité (apparente, car les musiciens savent bien qu'il est aussi difficile de jouer très lentement que de jouer très vite) n'est jamais facilité.
Voici donc un disque qui crée un pont brumeux entre le doom et le jazz, un disque inusable, un compagnon idéal pour vos longues nuits blanches en solitaire.




vidéo de "Midnight"


3 commentaires:

Anonyme a dit…

J'adore Angelo Badalamenti, sa musique m'a toujours envoûté, la première fois que je l'ai entendu c'était bien sûr dans Twin Peaks, mais c'est vrai qu'on retrouve un peu certaines sonorités, une ambiance proche avec Bohren Und Der Club Of Gore (ouf, c'est bien orthographié ?)... c'est vraiment à découvrir, ça me fait penser à Blade Runner aussi ces morceaux, c'est bête, je crois que c'est le sax et les résonnances un peu mélancoliques, il y avait des choses assez similaires sur la BO.
En tout cas, j'aime beaucoup, merci pour la découverte, tu fais une heureuse... je ne trouve pas ça glauque du tout, plutôt doux et enveloppant en réalité.
Je vais aller écouter d'autres morceaux. ;) Il ya de supers clips sur Youtube ^^

Anonyme a dit…

ah oui j'avais jamais pensé au rapprochement avec certains morceaux de la bo de blade runner. bien vu.
l'album d'après, Geisterfaust, est également très bon.
y a aussi des interviews sur youtube, mais en allemand.
encore une raison pour moi d'avoir choisi espagnol en 2ème langue à l'école...

Anonyme a dit…

une raison de plus de REGRETTER d'avoir choisi espagnol !